21 avril 2008
Définition philosophique de la certitude
J’avais fait quelques recherches ce weekend autour de la définition de la certitude… en espérant trouver des ébauches de réponses à ma question…
Il semble que les philosophes se soient pas mal penchés sur ce concept… Voici quelques pistes qui, si elles ne me permettent pas de répondre à ma question, l'alimentent au moins partiellement…
Je n’ai pas noté les références, mais une simple recherche google permettra de retrouver les développements complets à ceux qui désireraient aller plus loin…
Certitude : On peut définir la certitude de la façon suivante : « l’état de l’esprit qui consiste en l’adhésion ferme à une vérité connue, sans crainte de se tromper. L’évidence est ce qui fonde la certitude. On la définit comme la pleine clarté avec laquelle le vrai s’impose à l’adhésion de l’intelligence » Autrement dit, on est certain de quelque chose, quand on porte un jugement qui exclut le doute et la crainte de l’erreur. Le critérium de la certitude est l’évidence par laquelle l’esprit humain est placé dans une espèce de contrainte : telle vérité me paraît certaine parce que je vois bien qu’il ne peut pas en être autrement ; cela « saute aux yeux », je ne peux pas ne pas voir qu’il n’est pas ainsi.
…
La certitude est l’assurance intellectuelle ou morale fondée sur les conclusions d’une démonstration, sur l’expérience. La certitude réside dans la double assurance que l’on détient à la fois la vérité et les critères qui nous garantissent qu’il s’agit bien de la vérité.
La vérité, comme identité de la pensée et de l'être, à la fois immédiate et transcendante, est impossible, car si elle était possible on ne la chercherait pas: on l'aurait, mieux: on y serait, jeté hors de nous-même (extase) en elle. Mais dès lors que l'on serait dans l'être même, on serait hors du problème de la vérité.
Si elle était possible, on ne pourrait pas la penser, car penser c'est toujours penser "sur" ou penser "à", c'est à dire introduire la séparation irréductible entre le sujet qui pense et l'objet pensé, donc le risque de l'erreur et de l'illusion.
Si on pouvait la penser, elle serait indicible, car dire, c'est utiliser des mots trop généraux qui décomposent la pensée intuitive immédiate et la fige, donc la trahit (voir Bergson).
Donc, l'idée de vérité certaine, absolue et immédiate n'est rien d'autre que l'illusion même. Seule a un sens une vérité relative prouvée par l'expérience objective
De ce point de vue, Il n’y a pas de symétrie possible entre l’existence et l’inexistence: aucune expérience ne peut en effet prouver que quelque chose n’existe pas, car l’inexistence est hors du champs de toute expérience possible ; c’est donc à l’existence d’être prouvée et, tant qu’elle ne l’est pas objectivement, on ne peut dire que la chose existe hors de notre esprit.
Ainsi affirmer qu’une chose pourrait véritablement exister hors de notre esprit sans que l’on puisse le prouver, c’est ouvrir la porte à la croyance qu’il suffirait que l’on imagine quelque chose pour qu’elle puisse exister réellement. C’est donc ouvrir la porte à l’illusion dite "idéaliste". L’illusion consiste en effet à prendre notre désir ou notre crainte de l’existence d’un objet que l’on imagine (par exemple du dieu que l’on imagine) pour une réalité, pour le seul motif subjectif qu’on le désire ou qu’on le craint. C’est ce qui se passe dans toutes les hallucinations et délires qui ne sont que des représentations imaginaires, prises comme des vérités, sans preuves objectives (expérimentales reproductibles et validées universellement) d’existence.
En guise de conclusion, quelques citations pour le plaisir…
* Si on commence avec des certitudes, on finit avec des doutes. Si on commence avec des doutes, on finit avec des certitudes. [Francis Bacon]
* Ce que les hommes veulent en fait, ce n'est pas la connaissance, c'est la certitude. [Bertrand Russell]
* Mais il y a pire que l'imprévu, ce sont les certitudes ! [Daniel Pennac] Extrait de La petite marchande de prose
* La seule certitude, c'est que rien n'est certain. [Pline l'Ancien]
* Atteindre le doute du doute, c'est le commencement de la certitude. [Léon Daudet]
* Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien [Socrate]
29 février 2008
La peur du rejet
Il semble que la peur du rejet soit très profondément ancrée en moi.
C’est ce qu’il est ressorti de mon rdv d’hier avec Bruno.
Je m’adapte aux autres. Pour ne pas être rejetée. Pour être aimée…
Il m’a proposé de réfléchir à cette peur d’ici la semaine prochaine.
Et d’essayer, dans la pratique, de m’écouter et de m’exprimer…
Je crois que je devrais relire Thomas d’Ansembourg…
En cherchant des réponses à mes questions, je suis tombée sur un site étonnant qui évoque justement ce sujet.
L’entièreté de l’article est extrêmement intéressante mais comme c’est assez long, voici juste un petit extrait qui me semble très éclairant … et la conclusion… que je vais méditer…
Je vous invite vivement à aller y faire un tour si vous désirez en apprendre plus…
Ce site est une vraie mine d’or…
« La peur du rejet est sans doute l’émotion qui s’apparente le plus à la peur de la mort. C’est aussi la plus difficile qu’ait à éprouver un être humain. Cette peur du rejet est plus douloureuse que toutes les autres craintes, qui découlent souvent d’une peur inconsciente d’être rejeté. En effet, les peurs de n’être pas performant, de n’être pas suffisamment beau ou intelligent, de ne pas avoir d’argent ou d’emploi, de ne pas avoir l’énergie pour suivre le groupe familial ou social, naissent toutes du désir profond d’établir avec les autres un état relationnel dans lequel on se sentirait important, apprécié et désiré.
La peur du rejet peut apparaître dès la naissance. Vulnérable et faible, le nouveau-né a besoin de quelqu’un pour prendre soin de lui et lui permettre de survivre en toute sécurité. Ce besoin de sécurité est souvent comblé de façon satisfaisante par les parents, dont c’est le devoir et la responsabilité. Mais s’il ne l’est pas, et c’est trop fréquemment le cas, il s’installe très vite en l’enfant ainsi négligé un sentiment de rejet qui risque de l’habiter toute sa vie.
Si la peur du rejet existe, c’est donc que le rejet existe aussi. Cette peur n’est pas le produit de l’imagination ni d’une déformation de l’âme. L’observation des animaux a permis de constater que certains petits sont rejetés par le troupeau, dès leur naissance, parce qu’ils ne sont pas assez forts pour survivre ou parce qu’ils risquent de menacer l’équilibre du groupe. Même des animaux adultes peuvent être expulsés d’un clan, par exemple lorsqu’il y a un conflit de pouvoir entre deux mâles reproducteurs. C’est le plus fort qui l’emporte, et l’autre est condamné à errer jusqu’à ce qu’il trouve une nouvelle meute et réussisse à se faire accepter par elle. De façon plus générale, on peut observer que tout organisme vivant tend à rejeter les éléments qui perturbent son fonctionnement. Notre corps, par exemple, nous invitera à rejeter, par le vomissement, une substance nocive qui risquerait de nous rendre malade.
Chez l’être humain, la peur du rejet contient donc au départ des éléments de réactions instinctives saines et naturelles. Il ne faut pas automatiquement la percevoir comme une dysfonction marginale dont ne seraient atteints que certains individus plus faibles ou plus dépendants. La peur du rejet peut cependant devenir maladive lorsqu’elle n’est pas comprise et qu’elle réussit à perturber l’équilibre d’une personne. C’est le cas, par exemple, des dépendants affectifs, qui ont une grande peur du rejet et qui orientent toute leur vie en fonction d’elle, soit en vivant dans la soumission la plus totale, soit en cherchant à être rejetés, tant et aussi longtemps qu’ils n’auront pas fait la paix avec leur peur et qu’ils n’en auront pas compris l’origine. En fait, la dépendance affective est, chez ceux qui en sont atteints, l’expression de leur très grande peur d’être rejetés et de leur carence émotionnelle due au fait que le besoin de sécurité de l’enfant qu’ils ont été n’a sans doute jamais été comblé de façon satisfaisante.
La plupart d’entre nous ont sûrement, un jour ou l’autre, ressenti la peur du rejet sans nécessairement être devenus des dépendants affectifs…
Mal comprise et mal canalisée, la peur du rejet conduit bon nombre d’individus, actifs socialement et en apparence très heureux, à poursuivre une quête épuisante dont le seul objectif est de se faire aimer. Cette quête peut ainsi amener une personne, presque à son corps défendant, à prendre tous les moyens à sa disposition pour être aimable. Par exemple, un enfant s’appliquera à avoir de bons résultats scolaires, ou à être le meilleur dans un sport, dans le seul but de plaire à papa et à maman, dont l’amour, lui semble-t-il, doit être mérité. À l’âge adulte, ce même individu voudra sans doute épater sa conjointe en occupant un emploi prestigieux, en gagnant de plus en plus d’argent ou en lui procurant la plus belle maison du quartier. Chez la femme, ce besoin d’être aimable pourra se manifester par une obsession compulsive à entretenir la maison de façon impeccable, par la nécessité d’être toujours bien coiffée et habillée comme une carte de mode ou, pire encore, par le fait d’être toujours disposée à avoir des rapports sexuels, même si le goût n’y est pas. La peur du rejet conduit certaines femmes à devenir des super-women: tout en ayant un emploi à temps plein, elles se sentent obligées d’être une amante attentionnée, une mère exemplaire et une maîtresse de maison parfaite. Elles sont souvent des candidates au syndrome de l’épuisement nerveux, et sont rarement, même en tenant le coup à ce rythme infernal, des personnes épanouies et sereines.
La peur du rejet amène certains individus à adopter des comportements sociaux exigeant d’eux l’abdication de leur tempérament et le déni de leur personnalité. Par exemple, sur le plan professionnel, par peur de déplaire et de se faire des ennemis, ces gens ont des attitudes mi‑figue, mi-raisin, et n’arrivent donc pas à prendre les décisions qui s’imposent. Ce sont des gens pour qui «tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil», et dont on ne peut jamais vraiment connaître l’opinion parce qu’ils penchent toujours du côté où souffle le vent…
La peur du rejet provient aussi d’une fausse conception que l’on a de la relation et de la fusion comme sources de bien-être et d’épanouissement. Au tout début de notre vie, lorsque nous ne sommes qu’un fœtus en gestation, notre seul point de référence avec l’univers est notre mère. Cet état fusionnel et confortable est essentiel pour nous assurer un bon ancrage dans la matière, mais il ne doit constituer qu’une période transitoire qui nous permettra de voler de nos propres ailes le moment venu. Cet état symbiotique n’est d’ailleurs pas rompu instantanément à la naissance. Ce n’est que graduellement que le tout petit bébé, puis le jeune enfant, finit par réaliser qu’il ne fait pas un avec sa mère. Sur le plan psychologique, cette transition est encore plus longue et s’échelonne sur plusieurs étapes, qui ne sont pas toujours franchies avec succès…
Si vous observez votre propre comportement, vous serez peut-être étonné de constater le nombre de vos gestes et de vos choix qui sont conditionnés par la peur du rejet. Agir ainsi pendant un certain nombre d’années n’est pas nécessairement catastrophique. Ce peut même être une façon pour quelqu’un de survivre tout au long de sa vie. Il est par ailleurs sûr que les choix basés sur la peur du rejet ne reflètent pas l’être authentique et ne peuvent pas, par conséquent, être source de joie et de paix. Certaines personnes en arrivent même à se rendre malades, à force de rechercher l’approbation à tout prix; cependant, elles réalisent, en bout de chemin, que les autres ne les apprécient pas plus pour autant. Ceux et celles qui consacrent leur existence à se dévouer pour combattre leur peur du rejet, et qui attendent, en retour, des manifestations de gratitude et d’approbation, se retrouvent toujours le bec à l’eau et le cœur rempli d’amertume. Ils ne comprennent pas que cette façon d’agir ne favorise jamais une communication enrichissante ni ne permet d’entretenir des rapports gratuits, d’égal à égal, avec les gens de l’entourage familial ou professionnel. Les victimes de ces assoiffés d’amour et de reconnaissance ne sont pas éternellement dupes de la situation. Elles finissent toujours par se rendre compte que les bons gestes n’étaient en réalité qu’une façon d’attirer l’attention et de quémander quelque chose en retour. La peur du rejet transforme les personnes qui en souffrent en de véritables spécialistes de la manipulation humaine. Elles vont même jusqu’à dénier l’évidence. Si on les confronte au sujet de leurs véritables intentions, elles sont susceptibles d’argumenter indéfiniment pour démontrer que leur seule motivation était la bonté, la générosité… »
« En conclusion, pour se débarrasser de la peur du rejet, ou du moins l’amoindrir considérablement, il faut faire l’apprentissage de l’amour véritable, apprendre à écouter et comment se faire écouter, utiliser ses ressources pour être reconnu et, enfin, donner plutôt qu’attendre quelque chose des autres. La peur du rejet, c’est un poison mortel, incompatible avec le bonheur. Décider de travailler avec patience et détermination pour la combattre ne la fait pas disparaître instantanément. Cependant, comme on le dit souvent: «Petit train va loin.» Vite, dépêchez-vous de quitter la gare et donnez du carburant à votre locomotive! Plus tôt vous partirez, plus tôt vous arriverez à destination. »
05 octobre 2007
Le transfert... une suite de la réflexion
Je crois qu'hier j'ai réalisé que je vivais peut-être malgré moi ce que les psys appellent communément le transfert. Ou le fait de rejouer en séance, inconsciemment, avec son thérapeute des situations déjà rencontrées auparavant. J’ai déjà réfléchi à plusieurs reprises à cette question du transfert, qui, comme je l’ai déjà dit auparavant, ne me plaît pas trop.
A première vue, je n’aime pas cette théorisation de la relation psy/patient. Je n’aime pas l’idée que les sentiments ressentis par le patient ne seraient en quelque sorte que des copies de sentiments passés ou présents. Je n'aime pas cette idée de rejouer des situations vécues comme conflictuelles, des ressentis douloureux et des fonctionnements problématiques de la vie de tous les jours... des difficultés, souvenirs et sentiments négatifs pouvant enfin ressurgir ou surgir pour trouver une issue plus favorable … Un peu comme si le patient était victime de son inconscient... Un peu comme si on n'avait pas le choix. Un peu comme si ce qu'on ressentait en séance ou (la nuance me semble importante...) vis-à-vis de son thérapeute n'était pas tout à fait réel ? Un peu comme si les dés étaient pipés...
Je ne sais toujours pas très bien définir ce qui me gêne avec le transfert, mettre les mots justes sur ce que je ressens... MAIS... Mais, je dois reconnaître, même si c'est difficile, que je viens de réaliser que peut-être effectivement, malgré mon refus de cet outils apparemment de base pour les psys, à mon grand regret, il y a effectivement bien une relation de type transférielle entre moi et mon psy. J’aurais pu dire mon psy et moi, comme le voudrait la convenance, mais comme je crois qu’ici il s’agit bien de moi et mon psy, j’ai choisi volontairement de l’écrire dans ce sens-là. C'est bien le patient qui instaure cette relation si particulière... Et je dois admettre que oui, le transfert avec son thérapeute est peut-être inévitable... Parce que je croyais avoir tout fait pour l'éviter et parce que je refusais tout net cette possibilité.
C’est hier soir que cette idée s’est glissée en moi et m’a laissée perplexe… Et m'a contrariée... Et frustée et ???
D’habitude, le jeudi, j’ai rdv avec Bruno pour notre séance hebdomadaire. Mais comme il était absent ce jeudi, il m’avait reçue lundi à la place. Jusque là, rien de particulier. Seulement hier, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai subitement eu réellement besoin de lui parler de tout un tas de choses, j'avais envie et besoin de le voir...un peu comme si il y avait eu un truc qui s’était débloqué net… peut-être justement parce que mon inconscient savait que je ne saurais pas donner suite à ce flot de réflexions qu’il venait de libérer ? Il savait que je ne pourrais pas exprimer tout haut ce que je pensais… parce que pas d’interlocuteur… Je ressentais une sorte de manque... Mince... Pas possible... je ne pouvais pas me retrouver dépendante comme ça... Il y a eu comme une sorte d’éclair de lucidité… Je venais de comprendre qu’en fait, ces dernières semaines, je rejouais sans le savoir toute une période de ma vie... Que je lui avais donné un rôle, sans le savoir et que j’avais une attente précise vis-à-vis de lui. Enfin, c’est ce que je crois aujourd’hui. Je peux encore me tromper…
Quand j’avais 12 ans, je me sentais terriblement seule et malheureuse. Très déprimée. Avec beaucoup d’idées noires. J’avais l’impression que mes parents ne m’aimaient pas. Je ne comblais pas les désirs et les attentes de ma mère et ça me rendait triste. Voire désespérée. Oui, vraiment désespérée. Et je cherchais quelqu’un qui pourrait me comprendre et m’aimer comme j’étais. J'avais besoin d'être aimée. Je ne sais pas pourquoi, mais je pensais très naïvement que ma prof de français était cette personne. C’était mon cours préféré et je voyais en elle la mère que je recherchais, je l’idéalisais, alors j’ai tout fait pour attirer son attention. Elle était gentille avec moi, mais je n’ai pas réussi à obtenir le résultat que j’espérais. Dans mes rêves les plus fous, elle demandait à mes parents pour m'adopter... J'avais 12 ans, je ne voyais pas plus loin que ma solitude et ma souffrance...
Un peu plus tard, toujours aussi seule et malheureuse, j’ai rejoué ce scénario avec d’autres adultes. J’attendais que quelqu’un vienne me sauver… m’aide à m’en sortir, à voir la lumière au bout du tunnel, me dise que je valais la peine, que ça valait la peine d’exister, de vivre, que la vie est belle… J’avais besoin que quelqu’un me voit, comprenne ma souffrance et m’aide à me débarrasser de mes idées noires. Peut-être que j’avais toujours aussi un énorme besoin d’amour ? C'est probable... Peut-être même que c'était le principal moteur de ce comportement... C’est à cette époque que je ne mangeais presque plus. Et que je me suis tailladée les veines. J’espérais que quelqu’un me remarque enfin, je pensais que c’était la seule façon de me rendre visible aux yeux des autres.
La fragilité, la tristesse, la souffrance, la détresse...
Je ne sais pas si j’étais malheureuse parce que je me sentais incomprise et transparente ou si j’étais malheureuse parce que c'était pour moi la seule solution, la seule possibilité pour être, parce que j'espérais qu’ainsi, dans mon malheur, quelqu’un me remarquerait et j’aurais de l’importance pour une personne au moins, parce que j’aurais besoin d’aide ? Je ne sais pas...
Il y a bien eu 2 ou 3 adultes qui ont remarqué qu’il y avait qqchose de bizarre chez moi. Mais personne n’est venu me sauver…
Le temps a passé et je suis devenue un peu plus adulte. Une jeune adulte. Peut-être plus capable de s’assumer qu’auparavant ?
Et puis, enfin, quelqu’un m’a remarquée et aimée. Un autre jeune adulte, quelqu'un qui n'avait pas toutes les réponses, mais qui avait la réponse la plus importante pour moi : oui, j'existais pour quelqu'un !
Avec ma première histoire d’amour, je sortais de ce cycle infernal de dépendance aux autres…
J’avais un peu plus de confiance en moi, j’avais gagné un peu d'estime, d'optimisme et de maturité.
Et même si cette histoire s'est mal terminée, j'avais grandi intérieurement. Un petit peu. Suffisamment pour sortir de ces pièges que je me tendais depuis longtemps... Assez pour avancer...
J’avais un peu moins besoin des autres et de leur regard pour me sentir vivante.
Ou peut-être qu’après toutes ces années de déception, j’avais compris qu’il ne fallait pas attendre trop des autres ? « Sauve-toi toi-même », comme dirait l’autre…
Mais peut-être que je n’ai jamais réussi à sortir tout-à-fait de cet étrange fonctionnement destructeur? Et que quand je me sens à nouveau seule et que j’ai besoin de me sentir aimée, de me sentir exister, alors je creuse un trou où je m’enterre et j’attends que quelqu’un m’aide à en sortir… J'attends un sauveur...
Cette analyse est peut-être totalement fausse et complètement idiote...ou peut-être pas.
Je n’en sais rien. Mais en tout cas je crois que si elle n'est pas aussi farfelue qu'elle en a l'air, il se pourrait que cette fois, j’ai donné le rôle du sauveur à mon psy.
Et merde !
Je me sens mal après ce constat. Mais aussi soulagée... étrange paradoxe... Je culpabilise énormément si ce fonctionnement est bel et bien réel et que je ne me suis pas trompée. J’ai terriblement honte et j’aimerais sortir de là... Je ne peux pas continuer à fonctionner comme ça ! Il est temps que ça se termine ! Cette fois, pas pour me sentir aimée ou exister, non, tout simplement parce que je crois que c’est un nouveau départ vers un mieux-être avec les autres et avec moi-même…
Mais, cette fois, pour la dernière fois, pour sortir de là, peut-être que c'est à moi de me sauver et de m'aimer ?
Comment faire pour y arriver ? Parce que, même si je suis consciente que je dois peut-être jouer moi-même le rôle de mon sauveur au lieu de le donner à un autre, j’ai tout de même toujours, malgré moi, ce terrible besoin de me sentir aimée. Ce besoin d'exister aux yeux de quelqu’un...
Peut-être que c'est là qu'intervient le travail sur l'estime de soi, la confiance, être soi-même ? Ou une nouvelle définition de mon idéal ? De mes exigences ?
Je ne sais pas si je trouverai le courage pour aborder cette réflexion avec Bruno dans une semaine…
Et je ne sais pas quoi faire de cette réflexion...
Je dois encore la laisser mûrir un peu...
05 septembre 2007
Réflexion personnelle à propos de la relation psy/patient...
Depuis que j'ai écrit une note sur Le tranfert et la relation psy/patient, j'ai remarqué que de nombreuses personnes atterrissent ici en faisant une recherche Google sur cette question. Je ne sais pas si les infos que j'avais réunies leur apportent des réponses, j'espère. En tout cas, j'ai l'impression que lorsqu'on décide de suivre une thérapie, on a vraiment besoin de définir la relation qui se crée avec le thérapeute. On se pose des questions sur ce qu'on ressent vis-à-vis de cette personne à qui on raconte sa vie. Et apparemment, nombreux sont ceux qui pensent éprouver des sentiments pour leur psy... Tomber amoureux. Parce que les termes "amour patient psy", "amoureux de son psy", "transfert amoureux thérapie", "relation psy amour", "sentiment pour son psy" et toutes les variantes qu'on peut imaginer reviennent souvent dans les mots-clés qui amènent les visiteurs jusqu'ici.
Je continue de réfléchir à la question. Mon avis personnel actuel (certainement naïf et pas encore très abouti, mais j'avais envie de l'exprimer quand même ;-) c'est que se retrouver face à quelqu'un qui vous offre une écoute attentive et sincère sans vous juger est assez rare et donc surprenant. Ca peut être vécu comme un cadeau de la vie, une très belle rencontre, et peut donner le sentiment d'avoir rencontré la bonne personne... Enfin quelqu'un qui nous comprend, qui est sur la même longueur d'onde ! Dans la relation amoureuse, on attend de l'autre qu'il nous écoute et qu'il nous comprenne sans nous juger, qu'il nous accepte tel que nous sommes. Exactement ce qu'offre le thérapeute. Au fil des séances, on se dévoile et on a le sentiment qu'il nous connaît de plus en plus, de mieux en mieux. Mieux que certains de nos proches, même. On passe avec lui peut-être plus de temps qu'avec eux... On pourrait croire qu'un lien privilégié s'est tissé entre lui et nous. Il nous renvoie une image positive de nous-même... Quoi de plus normal dans un cadre comme celui-là d'avoir l'impression d'être au début d'une possible belle histoire d'amour ?
Sauf que... justement, on est dans un cadre particulier, unique. Et on ne parle que de soi, pas de l'autre. Dans une relation amoureuse, chacun apporte une petite partie de son histoire au fil du temps. La relation se construit sur l'échange et le temps passé ensemble, les activités pratiquées à deux... Dans le cadre thérapeutique, seul le patient se confie. Bien sûr, le thérapeute apporte beaucoup de lui-même, de sa personnalité, de sa présence, de son histoire, il s'investit sur un certain plan, mais il ne se raconte pas. Bien que je pense que d'une certaine manière, sa façon de raisonner est une autre façon de se raconter... Il faudrait développer cette approche plus en détails... Mais il est le thérapeute, pas l'homme (ou la femme, je parle des psys en général bien sûr...) qu'il est dans la vie de tous les jours. Bon, en fait, je trouve ça réducteur d'écrire les choses de cette façon. J'ai du mal à trouver les mots justes pour traduire ma pensée... Il est quand même lui-même, mais pas tout à fait. Ok, ça c'est pas clair du tout... ce que je crois, c'est qu'en fait, il ne montre qu'une facette de sa personnalité, la dimension thérapeutique, une petite partie mais pas le tout. Le patient ne connaît pas entièrement son psy. Le petit côté mystère alimente peut-être l'impression d'être amoureux ? Je ne sais pas. Mais peut-il y avoir relation amoureuse quand on est en position de demandeur par rapport à l'autre ? Quand l'autre vous connait de mieux en mieux alors que vous ne savez pas grand chose de lui ? Est-ce une forme d'amour platonique ? D'ailleurs est-ce que l'amour platonique existe ? Est-ce une forme d'amour ? Je ne crois pas... C'est autre chose. Mais c'est quoi ? Peut-être simplement une relation psy/patient... A définir. Avec lui ou elle. En fonction de sa propre histoire... De ce que chacun apporte et du travail qu'on fait avec lui...
Bon, j'ai un blocage...Je trouve cette note très difficile à écrire... je crois que je ne suis qu'à la genèse de ce que je voudrais dire. J'ai une bonne excuse : mon petit bibou m'interrompt toutes les 2 minutes et je sais que j'ai peu de temps parce que je vais aller chercher le grand à l'école alors le climat n'est pas propice à la réflexion ;-) J'ai du mal à rassembler mes idées et je serais tentée de ne pas la publier mais comme je voudrais partager ce que je pense... J'y reviendrai....
En tout cas, donner une définition à la relation qu'on établit avec son psy me paraît une étape nécessaire à franchir pour avancer dans un bon travail de développemment personnel...
29 août 2007
La PNL
Alors que je recherchais des techniques qui me permettraient d'acquérir quelques compétences en matière de communication, j'ai atterri par hasard sur un site évoquant la PNL. Le nom de cette approche m'a donné envie d'en savoir plus. Qu'est-ce que c'est que la Programmation neuro-linguisitique ? A première vue, sans rien savoir, j'en aurais déduit, vu l'intitulé, que cette discipline proposait de programmer (programmation) son cerveau (neuro) pour utiliser le langage (linguisitique) à meilleur escient ?
Pour satisfaire ma curiosité, j'ai acheté un livre qui me semblait résumer de façon simple et abordable en quoi consiste la PNL :
La PNL /Antoni Girod(coll. Découvrir). Paris, Intereditions, 2007. 142 p. ISBN 2-10-051027-6.
Voilà un petit résumé de ce que j'ai retenu (pour des questions de droit d'auteur, je précise que certains passages sont repris directement de ce livre) :
Histoire de la PNL
Les fondements de la PNL seraient situés dans les années 70 au sein de la Silicon Valley. Un étudiant nommé Richard Bandler s'intéresse au travail de Fritz Perls, le créateur de la Gestalt thérapie...L'autre père de la PNL serait John Grinder... Je ne vais pas retracer ici tout l'historique de la PNL bien que j'ai trouvé ça très intéressant de comprendre d'où était issue cette méthode... Je préfère entrer directement dans le vif du sujet.
- Définition de la PNL
* Pourquoi Programmation : Ce terme évoque les machines, les robots, pour une approche centrée sur l'humain, ça surprend. Le terme américain programming correspond à l'ensemble des apprentissages qui sont devenus des automatismes, des réflexes. Un programme est un apprentissage devenu automatique.
* Pourquoi Neuro : Nous apprenons et codons grâce à notre système nerveux. Notre comportement humain repose sur notre activité neurologique.
* Pourquoi linguisitique : Le langage est le moyen par lequel nous communiquons. Il est aussi le reflet de notre pensée. Notre langage structure notre pensée.
==> La PNL n'est pas une théorie. C'est un modèle issu d'une approche pragmatique permettant de découvrir et de modifier les modèles de la pensée et du comportement humains. Elle propose un modèle de communication et de techniques permettant d'agir sur soi-même et sur les autres avec précision, élégance et intégrité.
J'ai combiné ci-dessus plusieurs définitions proposées par l'auteur. Je résumerais en quelques mots :
la PNL est une méthode de communication positive qui propose d'acquérir des automatismes de pensée et d'échanges efficaces.
Mais dans le concret, que propose la PNL ? L'auteur évoque 7 principes de base et 7 techniques de base.
- Les 7 principes de base
1. La carte n'est pas le territoire
"Les mots sont une représentation de la réalité. Ils permettent de RE-présenter la réalité, tout comme une peinture ou une photo d'un payasage peut donner une idée plus ou moins précise, plus ou moins déformée du paysage réel." (p.17) Exemple : le mot chat ne "miaule" pas. Le langage exerce une influence sur notre perception de la réalité, peut nous enfermer ou nous libérer. Nous avons chacun notre vision du monde, notre propre carte, façonnée par notre culture, langue, éducation, expérience de vie... C'est notre représentation de la réalité. Il n'existe qu'un seul monde, un seul territoire, mais un nombre infini de cartes...
2. Les ressources sont en soi
Chacun possède les ressources nécessaires pour évoluer, atteindre ses objectifs, résoudre des problèmes. Cette vision positive des choses est essentielle à l'estime de soi. Il vaut mieux partir du principe qu'a priori tout est possible plutôt que le contraire. Nous avons tous la capacité d'apprendre.
3. L'erreur est une source d'apprentissage
"L'erreur est une étape sur le chemin de la réussite... L'échec comme la réussite permettent d'apprendre et d'avancer. Le chemin est plus important que le résultat." (pp.25-26)
4. On ne peut pas ne pas communiquer
Cela signifie : on est obligé de communiquer. Même le silence envoie un message. La communication est plurielle. "Elle est verbale, para verbale, non verbale, consciente et inconsciente, multisensorielle, directe ou indirecte. Les mots, qu'ils soient pensés, dits, écrits, lus ou entendus, ne sont pas le seul vecteur de communication. Ils représentent le niveau verbal de la communication."(p.28)
5. La relation prime sur l'échange d'information
"La communication a une dimension informationnelle et une dimension relationnelle. L'information est fortement liée au verbal. Elle est essentiellement véhiculée par les mots. La relation passe davantage par le para verbal et le non verbal...L'échange d'information ne peut se faire de façon optimale que si, au préalable, on prend le temps de créer le rapport, d'établir la relation, en s'intéressant sincèrement à l'autre." (p.31-32)
6. L'attitude "gagnant/gagnant" facilite les relations humaines
"Cette attitude consiste à adopter une attitude de confiance et de respect vis-à-vis de soi-même et d'autrui. Cette attitude, basée sur les notions de coopération et de réciprocité, est très utile pour établir et maintenir une relation constructive et atteindre ses objectifs." (p.33)
7. Tout comportement a une fonction positive
C'est une façon de voir les choses. Il s'agit de considérer ses comportements et ceux des autres avec bienveillance en recherchant la bonne intention cachée derrière un comportement considéré à priori comme négatif.
- Les 7 techniques de base
1. La synchronisation
Il s'agit de se mettre en phase avec ses interlocuteurs, créer un rapport de confiance, vers un pas vers l'autre pour lui montrer qu'on a envie de le comprendre et de communiquer avec lui, tout en restant soi-même suivant le principe de l'attitude gagnant/gagnant. On peut se synchroniser sur le langage du corps ou sur la voix, mais aussi sur le modèle du monde.
2. Le méta modèle
"Le terme grec méta signifie qui vient après, qui suit. Le méta modèle est donc un modèle qui vient après le langage. Il constitue un langage pour étudier le langage... il permet tout simplement d'aller voir ce qu'il y a derrière les mots. On distingue trois structures de langage : A. la structure de référence ou ce quon perçoit de la réalité ; B. la structure profonde ou l'interprétation qu'on fait de ce qu'on perçoit ; C. la structure de surface ou ce qu'on exprime par rapport à ce qu'on a perçu et interprété. Ces trois structures varient sur 3 mécanismes de dérivation : la sélection, la distorsion et la généralisation.
3. La détermination d'objectif
C'est un excellent outil de motivation et de changement. On distingue 5 questions permettant de fixer un objectif et de l'atteindre :
- Quelle est la situation actuelle ?
- Quel est mon objectif ?
- En quoi est-ce important pour moi d'atteindre cet objectif ?
- Qu'est-ce qui pourrait m'empêcher de l'atteindre ?
- De quoi ai-je besoin pour atteindre cet objectif ?
4. L'ancrage
Utiliser une ancre, c'est utiliser une image mentale associée à un ressenti qui nous met rapidement dans un état interne choisi. Par exemple : en état de stress, utiliser l'image de la mer associée au calme et au bien être pour se détendre. On peut facilement se créer une ancre.
5. Les positions de perception
La technique des positions de perception se base sur les trois principes suivants : la carte n'est pas le territoire, tout comportement a une fonction positive et l'attitude gagnant/gagnant. Il s'agit de pouvoir se placer dans une relation d'échange dans trois positions différentes :
- la sienne, celle du moi
- celle de l'autre
- la position d'un observateur extérieur
Cette technique permet de voir les choses d'autres façons et d'assouplir sa carte du monde... D'être plus tolérant et d'acquérir une plus grande ouverture d'esprit.
6. Le feed-back
Cette technique inclus les notions de confiance en soi et d'estime de soi. Le feed-back permet de nourrir la confiance en soi et la motivation de celui qui le reçoit. C'est un acte de communication. Le feed-back doit absolument être délivré selon l'attitude gagnant/gagnant, dans le cadre d'une relation établie, pour être construtif. Cette technique consiste à mettre d'abord en avant les points positifs observés avant d'aborder les éventuelles pistes d'amélioration possible. On ne parle pas des points négatifs mais des axes de progrès possibles. Enfin, on termine sur des points positifs. Cet ordre de réflexion est important à respecter pour assurer un feed-back nourrissant l'estime et la confiance de l'autre, ou de soi-même, si on utilise la technique pour soi.
7. Les niveaux logiques
Les niveaux logiques sont une grille d'analyse se rapportant à une situation qui permet de classer les informations au bon niveau afin de repérer où se situe un problème. C'est un outil diagnostic. On distingue 6 niveaux logiques : l'environnement (correspond aux questions où, quand, avec qui ?), les comportements ( correspond à la question quoi ?), les capacités(correspond à la question comment ?), les valeurs/croyances (correspond à la question pourquoi et pour quoi ?), l'identité (correspond à la question qui ?) et l'appartenance (correspond à la question avec qui, pour qui ?). Lorsque le niveau du problème a été identifié, on peut plus facilement le résoudre.
L'auteur termine le livre par quelques exemples d'applications concrètes de la PNL et une bibliographie critique très appréciable si on décide d'aller plus loin.
Pour info, voilà 3 sites intéressants :
http://www.nlpnl.net : le site officiel de l'association francophone des certifiés en PNL
http://www.repere-pnl.com : il reprend des articles et des dates de conférences.
Il y en a beaucoup d'autres. Une petite recherche google donne d'autres pistes à exploiter.
Personnellement, j'aimerais aller plus loin tant j'ai été séduite par cette première approche...
11 août 2007
Le transfert et la relation psy/patient
J'ai besoin d'en savoir plus, de tenter de comprendre... En quoi le transfert est-il différent d'une relation "normale" qu'on établit avec les individus qui croisent notre route au quotidien, en dehors du cabinet d'un psy ? Comment définir la relation psy/patient ?
- Définition du transfert trouvée sur le site Dicopsy :
"Le transfert est le terme utilisé par Sigmund Freud (1856-1939), pour désigner le processus par lequel le patient fait inconsciemment du thérapeute l’objet de réactions affectives, dirigeant ainsi vers celui-ci des réactions qu’il aurait pu avoir vis-à-vis des personnes qui ont joué un rôle important au cours de son enfance.
Le transfert est un lien affectif intense qui s’instaure de façon automatique de patient à analyste. C’est à l’occasion de l’échec du traitement cathartique d’Anna O. avec J.Breuer que Freud a été amené à découvrir et à prendre en compte le phénomène du transfert. Il a alors renoncé à l’hypnose.
L’établissement de ce lien affectif intense est automatique, incontournable et indépendant de tout contexte de réalité. En dehors du cadre de l’analyse, le phénomène de transfert est constant dans toutes les relations. Mais l’analyste doit être conscient de la nature du transfert de son client et doit également comprendre la nature du contre-transfert qu’il opère lui-même en réaction.
Les phénomènes de transfert sont “de nouvelles éditions des tendances et des fantasmes qui doivent êtres réveillés et rendus conscients par les progrès de l’analyse et dont le trait caractéristique est de remplacer une personne antérieurement connue par la personne de l‘analyste.”
Freud distingue le transfert positif du transfert négatif, qui peut être la cause de résistances. Le transfert positif est fait de sentiments amicaux et tendres, conscients, qui facilitent la cure."
L’établissement de ce lien affectif intense est automatique, incontournable et indépendant de tout contexte de réalité. En dehors du cadre de l’analyse, le phénomène de transfert est constant dans toutes les relations. Mais l’analyste doit être conscient de la nature du transfert de son client et doit également comprendre la nature du contre-transfert qu’il opère lui-même en réaction.
Si je comprends bien, ce passage sous-entend clairement qu'on ne peut pas y échapper, c'est un fonctionnement universel ? Et non seulement le transfert est un processus inhérent à la thérapie mais il se retrouve également dans les relations qu'on établit en dehors du cabinet de son psy... dans la vie de tous les jours. Est-ce que ça signifie que nos relations sont basées sur ce processus inconscient ???
- Si je continue mes recherches, mon attention s'arrête sur cette réponse simple donnée sur le forum Psychomédia :
"Il arrive qu’en thérapie, la personne éprouvent des sentiments pour une personne (par exemple sa mère ou son père) et que, plutôt que de les vivre avec cette personne, elle prenne le thérapeute comme symbole de cette personne. Elle ne s’en rend pas compte, cela est inconscient. On dit alors qu’elle vit un transfert parce qu’elle transfert des émotions vécues pour quelqu’un sur son thérapeute. Si les émotions sont positives, par exemple l’amour, elle fera un transfert positif. Ainsi, elle peut avoir l’impression de tomber en amour avec son thérapeute. Si les émotions sont négatives (par exemple la haine), elle fera un transfert négatif. Elle aura alors l’impression parfois de détester son thérapeute.
Le contre-transfert, lui, s’applique au thérapeute. Il s’agit souvent d’une réaction au transfert du client, d’où le nom « contre-transfert ». Par exemple, lorsque le client a l’impression de tomber en amour avec le thérapeute ou de le haïr, il est possible que le thérapeute ne soit pas indifférent à cela émotivement et ressente aussi des sentiments de cet ordre. On dit alors qu’il est en contre-transfert. S’il n’arrive pas à résoudre pour lui-même cette réaction, seul ou avec de l’aide en supervision professionnelle, il devra se résigner à référer le client à quelqu’un d’autre car il ne pourra plus l’aider.
Cette réponse nécessiterait bien des nuances qu’il est impossible de donner ici. Ajoutons cependant que le transfert n’est pas indésirable. Au contraire. Il peut être précieux s’il est travaillé en thérapie adéquatement. Il peut susciter de grandes prises de conscience.
Jean Rochette, Psychologue"
Cela me semble assez clair. Mais je ne trouve pas la réponse à ma question quant à la nature de la relation proprement dite... Tout bêtement, je résumerais que le transfert c'est rejouer avec son thérapeute des scènes qui ne nous ont pas apporté satisfaction dans la vie réelle ? Je n'aime pas utiliser le terme "réelle" mais c'est ce que m'inspire ce genre de discours, comme si ce qui se jouait dans le cabinet du psy n'est pas tout à fait la réalité, est coupé du monde... Donc, si un patient tombe amoureux de son psy, ce n'est pas de l'amour ? Je ne comprends pas... En quoi est-ce différent du fait de tomber amoureux de son collègue, de son meilleur ami, d'un inconnu croisé dans le bus ? Si on utilise aussi le transfert dans son quotidien inconsciemment ? Est-ce que nos sentiments sont nous trompent, nous manipulent ? L'aspect positif qui ressort de toute explication concernant le tranfert, c'est qu'il semble aider efficacement la thérapie. Je crois que mon erreur consiste peut-être à me placer uniquement du point de vue du patient... Si théoriquement dans la vie de tous les jours, nous sommes tous concernés par le transfert, la différence en consultation, c'est que le psy ne joue pas ce jeu-là ?
Un petit tour sur Psychologies.com...
| "Claude Halmos |
| Psychanalyste, auteur de “Parler, c’est vivre” (Nil), Claude Halmos répond également chaque mois au courrier des lecteurs de Psychologies magazine. |
| 1.Qu'est-ce que le transfert ? | |||
Le transfert est le moteur de tout le travail analytique. Il repose sur deux principes essentiels. |
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| 2.En quoi ce transfert est-il indispensable ? | |||
Beaucoup de patients, à un moment donné de leur analyse, peuvent éprouver des sentiments envers leur analyste : frustration, désir, colère... Certains ont par exemple l'impression que leur thérapeute les méprise. Il est alors essentiel de se poser les questions suivantes : avec qui ai-je déjà éprouvé un tel sentiment, qui aurait déjà provoqué cela, dans quelles conditions, qu'est-ce que cela a suscité chez moi... Ce transfert qui s'opère permet de retraverser ces ressentis, d'en prendre conscience, de les nommer et de s'en débarrasser. |
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| 3.Et comment définir le contre-transfert ? | |||
Ce sont les sentiments que le psychanalyste pourrait éprouver pour son patient en fonction de sa problématique. C'est en quelque sorte l'inconscient de l'analyste qui se met au travail avec celui de son patient. Mais le thérapeute doit repérer ses réactions pour éviter qu'elles perturbent son travail. S'il ressent un excès de sympathie ou d'agacement, il doit s'interroger. | |||
Je m'attarde sur le contre-transfert...Sans doute que ces notions dépassent ma vision naïve et simpliste des relations humaines, mais j'ai du mal à imaginer qu'un personne, même formée dans ce sens, ne puisse rien ressentir vis-à-vis d'une autre personne qui lui fait pleinement confiance, la rencontre une heure par semaine si pas plus, lui raconte des confidences que nul autre ne connaît, partage des sentiments profonds... En fait, selon moi, le patient établit une relation privilégiée avec son psy, non ? On ne se permet pas de tout raconter de soi, même à son meilleur ami... on en dit plus à son psy qu'à n'importe qui d'autre, donc on sous-entend qu'il finit par mieux nous connaître que n'importe qui...Je ne peux pas supposer que le psy ne ressent rien d'autre que de la neutralité pour ses patients. Il peut et doit (cette notion obligatoire de contrôle, d'éthique me semble discutable... mais je ne peux pas dévelloper ça maintenant...) trouver une juste distance. Sinon le jeu serait faussé ? Je ne comprends pas trop. Parce qu'il aurait alors par exemple un rôle d'ami et donc on ne pourrait plus tout dire ? En fait, si je retourne la question du tranfert et de la relation psy/patient, dans tous les sens, je suis toujours confrontée à un même point... Quelle est cette relation particulière, ce lien qui se tisse entre un individu qui a choisi d'écouter le tout venant et un autre qui a choisi de venir à sa rencontre pour chercher des réponses à ses questions...
Peut-être qu'en cherchant autrement j'aurai d'autres réponses... par exemple, sur la relation psy/patient... toujour sur Psychologies.com un peu long mais éclairant, je ne reprend que les extraits qui m'interpellent... pour l'intégralité voir ici :
| "Entre mon psy et moi | |
| On lui livre sa face cachée, ses ombres, ses travers, ses mesquineries. Homme ou femme, il est celui qui écoute sans juger. Entre lui et son patient, un lien singulier se noue. | |
|
Le transfert, d’accord, mais aussi son au-delà : « Moi, allongé et lui, assis derrière. » En France, lorsqu’on pense psy, on pense encore psychanalyse classique. A savoir un interlocuteur en retrait, plutôt froid et distant, quasi silencieux, écoutant un patient qui s’essaye à dire tout ce qui lui passe par la tête. L’extrême discrétion du psychanalyste a alors un but : permettre au patient de lui attribuer des sentiments ou des intentions qui, en fait, renvoient à sa propre histoire. Un mécanisme qui a été théorisé par Freud sous le nom de transfert.
Les psychothérapeutes intègrent aussi cette notion de transfert dans leur pratique, mais ne limitent pas la relation au patient à ce mécanisme. « Il y a aussi un au-delà du transfert, affirme Alain Delourme, psychothérapeute. De la tendresse et, j’ose le dire, de l’amour. Un amour sans passion et sans passage à l’acte. »
...
Besoin d’écoute, besoin de cadre : Ecoutant et capable d’attention sans jugement, le psy est celui à qui on peut livrer sa face cachée. Ses ombres, ses travers, ses mesquineries. Des facettes nouvelles de son être, comme c’est le cas pour Véronique, 41 ans : « En thérapie, je ne suis plus la femme de, la mère de, la fille de… Je me dis dans ma vérité du moment et je suis accueillie comme être humain unique. Je suis “je”. »
Cette écoute et cette présence inconditionnelles – et qu’on ne trouve nulle part ailleurs – sont en fait le sel du métier. Un service rémunéré. Et l’argent est en ce sens un élément essentiel du dispositif thérapeutique. « C’est l’argent qui permet au patient de bénéficier d’une écoute professionnelle, explique le neuropsychiatre Mony Elkaïm. Et de se libérer ainsi de toute dette envers le psychothérapeute. » Aline, 42 ans, a mis du temps à le comprendre : « Je voulais toujours bien faire, être la patiente idéale. Alors je ne racontais que des anecdotes amusantes. Peu à peu, j’ai compris que ce temps de la séance était un espace à ma disposition. Quand j’ai vraiment senti que j’achetais l’écoute de mon psy, je me suis autorisée à pouvoir tout lui dire… et la thérapie a alors pu commencer. »
C’est donc à l’intérieur d’un cadre plutôt rigide – régularité des séances, rituels propres à chaque technique, temps limité, coût financier – que se rencontre la plus grande des libertés. Un psy bien formé apprend à ne pas mettre ses humeurs, ses sentiments, sa personnalité en avant. Alain Delourme l’explique : « Si je passe une heure avec un ami, nous échangeons à 50/50. Il me parle de sa vie, moi de la mienne. Avec un patient, je ne suis pas dans le partage. Je l’écoute. Et quand je lui dis quelque chose, c’est dans un but précis : le servir et l’aider dans sa problématique. » A quoi Jean-Michel Fourcade, président de l’Association fédérative française des organismes de psychothérapie (Affop), ajoute : « Un psy est toujours “faussement ami”. Il garde à l’intérieur de lui la distance bénéfique au patient. »
Apprendre la juste distance : Les psychothérapeutes, même s’ils n’interprètent pas tous le transfert, comme leurs confrères psychanalystes, savent bien que ce qui se joue dans la rencontre avec leurs patients est souvent emblématique d’autre chose. Le lieu thérapeutique est alors comme une chambre d’échos. Vous en voulez à votre thérapeute de parler trop pendant la séance ? Affirmez votre territoire. Vous en faites trop pour qu’il vous aime ? Comprenez alors quelle partie de vous, vous lésez. Vous ne supportez pas de le quitter ? Apprenez avec lui à vous séparer de tous ceux que vous aimez. Grâce aux liens qui se nouent avec le psy, une thérapie permet de revisiter toutes les manières erronées ou saines que nous avons de nous lier aux autres. « Il s’agit ici d’apprendre à respecter l’autre sans jugement tout en se respectant soi-même », résume la rogérienne Muriel Mazet.
..."
Hum hum...Je crois que ce dernier article me parle plus... Mais comme je trouve ce post déjà beaucoup trop long, je vais me laisser encore un peu de temps avant de revenir sur ce vaste et compliqué sujet... Ce n'est pas pour rien que des livres y sont intégralement consacrés... Difficile de faire le tour en une heure ou deux...

