22 octobre 2007
Etre heureux en couple (2eme partie)
6.) Les crises du couple
Tous les couples, heureux comme malheureux, rencontrent des difficultés, vivent des moments plus difficiles, traversent des crises.
L’auteur en identifie plusieurs :
- La découverte de l’autre tel qu’il est
- L’arrivée d’un enfant
- Un déménagement
- Les changements de carrière professionnelle
- Les aventures extra-conjugales
- Le démon de midi
- Le départ des enfants
- La retraite
- Un deuil
Certaines de ces crises peuvent être insurmontables et viennent s’ajouter aux difficultés de la vie de tous les jours…
7.) Surmonter les crises et les conflits
Les crises, en plus des évènements qui les génèrent, peuvent être alimentées par différentes attitudes et façons de voir les choses qui ne font qu’enliser la situation comme par exemple :
- le jeu de Qui a tort et qui a raison ?
- le jeu de Qui a commencé ?
- Si tu m’aimais vraiment, tu…
- Ou encore, la critique, le mépris, l’attitude défensive ou la dérobade…
Alors, vaut-il mieux se taire, au risque d’envenimer les choses ? Certainement pas ! L’auteur propose quelques pistes pour mieux se disputer comme par exemple :
Ne pas dire toujours ou jamais, n’aborder qu’un seul sujet à la fois, ne pas hausser le ton, ne pas donner un avis non sollicité, ne pas rendre l’autre responsable de ses ressentis, ne pas accuser… (je peux revenir là-dessus si ça intéresse qq…)
Bien se disputer… est presqu’un art…
Et malgré tous les efforts que chaque partenaire peut mettre en œuvre, il peut quand même y avoir des conflits intenses.
Un des secrets des couples heureux réside dans le fait que leur amour n’est pas basé sur la passion mais sur une très profonde amitié que chaque partenaire tient à préserver. L’autre est un peu un invité exceptionnel qui mérite un traitement exceptionnel… Et tout est fait pour préserver cette amitié si précieuse...
Ils possèdent aussi un compte d’épargne émotif dont le bilan est toujours positif de sortes que les disputes occasionnelles ne le vident jamais.
Les couples heureux savent désamorcer les disputes en utilisant les bonnes armes… comme l’humour par exemple. Ils savent faire la paix et ne cherchent pas à tout prix des solutions à un problème insoluble…
8.) Le couple, un projet de vie
Pourquoi formons-nous un couple ? Quels sont nos objectifs ? Quels besoins cherchons-nous à assouvir ?
Le couple répondrait d’abord à un besoin biologique… la survie de l’espèce… Mais serait aussi un projet psychosociologique. L’être humain est mu par un besoin d’appartenance, parce que c’est un être social. Un être qui a besoin d’être aimé et d’aimer. Qui a aussi un besoin érotique, un besoin de communication, d’entraide, de sécurité et d’évolution. Et puis, le couple répond également à un besoin d’épanouissement personnel et de réalisation des projets. Il est donc important que chacun réalise quels sont ses projets et de les affirmer à l’autre et que cet autre puisse les respecter.
« Il n’est pas nécessaire de partager le rêve de son partenaire pour l’aider à se réaliser, mais il est nécessaire de connaître ses rêves et les siens afin de les respecter. » (p. 185)
9.) Les couples sexuellement heureux
La sexualité occupe une place importante dans le couple. Mais sa place n’est pas forcément celle qu’on imagine. Elle n’est pas la base du couple sur laquelle il se construit.
Pour s’entendre sexuellement, il faut pouvoir en parler, hors, cela n’est pas simple étant donné l’éducation généralement donnée à la plupart d’entre nous. Il faut voir la sexualité comme un lieu de jeu et non pas d’enjeux et de performance. La sexualité est un partage, un plaisir particulier et exclusif qui demande du temps, de l’inventivité et… de la pratique !
Le couple doit parfois faire face à certaines difficultés qu’il faut pouvoir surmonter en évitant le silence et l’incompréhension.
10.) Les sep bases de l’harmonie conjugale
L’auteur a observé certaines similitudes entre les couples heureux qui n’arrivent pourtant pas à expliquer eux-mêmes leur bonheur… Il distingue sept bases de l’harmonie conjugale :
1. Vivre seul et heureux pour mieux vivre à deux
Un célibataire heureux et épanoui a plus de chances de réussir son couple futur si il a appris à se connaître et à s’écouter et qu’il a développé une attitude positive face à la vie.
2. Le choix du partenaire approprié : la compatibilité
Elle peut être physique, sociale, psychologique, spirituelle (dans le sens des valeurs… pas de la religion…) et émotive. Le maximum de compatibilité donne un maximum de chances au couple et permet d’éviter pas mal de conflits et de surmonter les difficultés.
3. La connaissance des différences homme-femme
En bref, accepter l’autre tel qu’il est et ne pas chercher à le changer…
4. Le sens des responsabilités
La personne responsable est celle qui ne s’appuie pas sur le regard de l’autre pour être heureuse. Selon l’auteur, elle respecte ses besoins de professionnel (personne active qui veut s’épanouir dans son travail, de partenaire (à égalité avec les autres et écoute ses besoins tels que aimer, être aimés, s’engager, communiquer…), de parent (partie de nous qui veut aider les autres) et elle possède une vie privée (elle a des rêves, des loisirs, des projets personnels…).
La personne responsable est en équilibre. Elle est autonome et responsable d’elle-même.
5. L’intelligence émotionnelle conjugale
En deux mots : c’est la capacité à gérer ses émotions et à les exploiter efficacement.
6. Les habilités relationnelles
L’auteur en distingue quatre comme particulièrement utiles dans le couple : l’empathie, l’ouverture, l’affirmation de soi et le positivisme.
7. L’art de la négociation
Dans le couple, les deux partenaires sont différents et les oppositions sont inévitables.
L’art de négocier ne consiste pas à établir à tout prix un consensus, un compromis mais à ce que chaque membre du couple soit gagnant. Cela implique qu’il n’y a pas nécessairement toujours de solution et qu’il faut apprendre à vivre avec un problème insoluble !
Pour les problèmes solubles, la négociation peut se faire en cinq grandes étapes :
La description du problème, la recherche de solution, le choix d’une solution, le mise en pratique de la solution et l’évaluation.
Conclusion
« Le bonheur conjugal est donc fait de bonheur personnel, du choix d’un partenaire compatible quoique imparfait, de la connaissance de soi et de l’autre en tant que personne unique et sexuée, d’une prise de responsabilité totale de l’état du couple, de la capacité de contenir ses pulsions et de gérer ses émotions, de l’acquisition d’habilités relationnelles efficaces et d’une excellente capacité de négociation à double gagnant. Lorsque tous ces ingrédients sont présents, la vie amoureuse et la vie sexuelle sont resplendissantes. » (p. 247)
« Le bonheur, y compris le bonheur conjugal, s’apprend et se construit.» (p. 249)
Avant de commencer la lecture, l’auteur proposait de réaliser un petit test pour évaluer son bonheur conjugal… il suffisait de répondre à 25 items… et de calculer son score… J’ai obtenu 48 %. Ce qui correspond à : « Couple malheureux et qui risque de l’être de plus en plus si vous ne réagissez pas immédiatement. »
…
J’ai refermé ce livre extrêmement riche avec le sentiment que je devrais sérieusement reconsidérer mon point de vue concernant l’amour et le couple.
J’ai particulièrement apprécié la définition que l’auteur donne de la passion. J’ai enfin trouvé une réponse satisfaisante à ma réflexion sur le sujet. De plus, son argumentation claire et juste sur les croyances toxiques autour du couple a sérieusement ébranlée mes anciennes considérations. De même que sa réflexion autour de l’infidélité…
Si je ne devais retenir qu’une seule chose, ce serait l’intérêt (voire l'importance) d’admettre que certains conflits n’aboutissent pas forcément à une solution… Pouvoir lâcher-prise et vivre sereinement en acceptant que nul n’est parfait et que toute relation à l’autre amène des difficultés parfois insolubles… N’est-ce pas tout simplement faire preuve d’une grande sagesse ?
Etre heureux en couple semble demander une grande maturité, une grande ouverture d’esprit, un grand humanisme et une grande intelligence émotionnelle…
Il faut du temps, de la patience et de la persévérance…
Il faut vouloir grandir…
Il faut aussi que chacun des partenaires désire réussir ce challenge et accepte de remettre en questions ses croyances et convictions…
Le bonheur conjugal s’apprend et se construit…
J’ai l’impression d’avoir encore beaucoup à apprendre…
Pour aller plus loin et pour évaluer son bonheur conjugal : www.coupleheureux.com
Etre heureux en couple (1er partie)
J’ai terminé le livre que Bruno m’a prêté la semaine dernière…
Qui sont ces couples heureux ? Surmonter les crises et conflits du couple / Yvon Dallaire. Avec la collab. De Catherine Solano. Préface de Jacques Salomé. Chez Viamedias, 2006. 266 p.
C’était vraiment intéressant, interpellant et passionnant ! Etant donné la richesse de ce livre, il me semble bien difficile de le résumer en quelques lignes… Cette note risque d’être longue… alors je propose de la scinder en deux parties…
Qui sont ces couples heureux ? Pourquoi, et surtout, comment, certains arrivent-ils à être heureux en couple, à avoir une relation amoureuse épanouie, épanouissante et durable, alors que tant d’autres n’y arrivent pas ? Y aurait-il un secret ? Des petits trucs en plus à savoir ? Qu’est-ce qui différencie les couples heureux des autres… malheureux ?
L’auteur nous explique, à travers son livre, ce qui caractérise, selon lui, les couples heureux, leur fonctionnement, leur force… et sa conclusion me semble résumer parfaitement sa théorie :
« En définitive, le secret du bonheur et du bonheur conjugal se résume à peu de choses : rester en contact avec soi en tant que personne unique et trouver une personne elle-même en contact avec elle-même. Un couple heureux est composé de deux personnes autonomes qui développent une relation d’intimité et d’interdépendance pour réaliser un projet de vie. Ce sont deux personnes qui n’oublient jamais que l’individu est la base du couple, que la famille ne peut exister sans couple uni et qu’une société fonctionnelle est formée de personnes autonomes, de couples unis et de familles heureuses. » (p. 253).
Comment en arrive-t-il à cette conclusion ?… C’est ce que je vais essayer de résumer…
1.) Le couple, un organisme vivant
Pour commencer, l’auteur nous propose de considérer le couple comme un organisme vivant, formé de deux individus distincts qui en s’unissant, ne forment non pas plus qu’un, mais bien trois, soit un partenaire ET un partenaire ET un couple.
Tout couple doit fonctionner avec deux désirs humains fondamentaux : le désir de fusion et le désir d’autonomie. Désirs et besoins qui interviennent différemment chez chacun des partenaires et qui sont source de disharmonie lorsque chacun veut que l’autre s’adapte à lui-même. C’est ce qui arrive dans les couples où l’un des deux est dépendant et l’autre contre-dépendant et où les partenaires n’arrivent pas à se différencier l’un de l’autre.
2.) Amour et passion
Au début de la relation, les deux partenaires ont vraiment l’impression de ne former qu’Un. Tous deux mus par le même désir de fusion généré par la passion qui constitue la première étape de la relation amoureuse.
L’auteur explique en détails le déroulement de cette étape qui se caractérise par son intensité et son inconscience et qui s’oppose à ce qu’il définit comme l’amour véritable. Un amour qui contrairement à la passion est lui, stable et conscient. L’amoureux découvre la personne qui l’attire, admire celle qu’il découvre et élabore un projet de vie avec la personne désirée et aimée.
3.) Les cinq étapes de l’évolution d’un couple heureux
Selon lui, les couples heureux traversent les 5 étapes suivantes :
1/ La lune de Miel ou période passionnelle : C’est une période de séduction où chacun se montre sous son meilleur jour parce que la relation n’est pas encore bien établie et où l’autre est mis sur un pied d’estal, c’est le prince ou la princesse charmante, l’âme sœur tant attendue. Cela peut durer 2 à 3 ans.
2/ La lutte pour le pouvoir ou période d’adaptation : Les premiers nuages apparaissent, les partenaires se dévoilent peu à peu et chacun veut que l’autre se conforme à ses attentes. Cette étape est positive si elle sert à mettre au point un projet de vie commun réaliste mais devient négative si elle se transforme en affrontement où l’un prend le dessus sur l’autre.
3/ Le partage du pouvoir ou période de stabilisation : Après avoir découvert qui est l’autre et différencié les besoins de chacun, le couple peut établir une relation d’interdépendance et trouver une juste distance permettant à chacun de satisfaire ses besoins de fusion et d’autonomie. Une réelle intimité s’installe entre les partenaires.
4/ L’engagement ou amour véritable : Les deux partenaires sont heureux, ils vivent une relation calme, paisible, savent faire des choix ou y renoncer, n’exigent plus l’impossible et ne remettent plus leur amour en question. Les difficultés et les conflits deviennent alors source de créativité et de croissance personnelle et conjugale.
5/ L’ouverture sur autrui ou comment servir d’exemple : Les partenaires partagent leur bonheur avec d’autres, enfants, petits-enfants… Ils ont su surmonter les épreuves et difficultés de la vie à deux et se sentent comblés. Ils deviennent des modèles enviés.
4.) Mythes, illusions et fausses croyances sur le couple
Après avoir présenté les étapes traversées par les couples heureux, l’auteur nous propose de remettre en question certaines croyances toxiques à la construction du couple comme par exemple :
- L’amour transporte des montagnes (sous-entendu l’amour peut tout)
- L’âme sœur
- La bonne foi fait tout
- Il faut se parler ou la communication toute puissante
- La résolution des conflits
- L’amour rime avec toujours
…
Impossible de revenir sur tout ce qu’il développe au long une trentaine de pages… Alors je choisis de revenir sur deux réflexions qui m’ont vivement interpellées, à savoir que Non, la communication ne peut pas tout et que Non, on ne peut pas résoudre tous les conflits.
En bref, si j’ai bien saisi il dit qu’il faut arrêter de croire que la communication est toute puissante et est indispensable au bonheur conjugal. Elle est un des outils, on ne peut pas ne pas communiquer, mais il ne faut pas croire qu’il suffit de se parler pour arranger tous les problèmes ! Parce que les conflits du couple sont pour la plupart insolubles !
Il distingue 6 sources de conflits insolubles :
L’éducation des enfants, l’argent, les relations familiales et sociales, la répartition des tâches, la gestion de la vie privée/vie professionnelle et la sexualité. A propos de la sexualité, sa réflexion autour de l’infidélité a recadré mon propre questionnement sur le sujet… Il pense que l’infidélité naît d’un mal-être au sein du couple… on est infidèle si on n’est pas heureux dans son couple… et argumente son point de vue d’une façon logique et intelligente… (je pourrai revenir là-dessus sur une autre note si ça intéresse qq…)
« Pour être heureux en couple, non seulement il faut beaucoup d’amour et de bonne foi, mais il faut également se débarrasser de toutes nos croyances et illusions qui viennent déformer la réalité du couple et de l’amour. Sinon, la réalité du couple se chargera de confronter les deux partenaires… » (p. 107)
5.) Cartographie d’une dispute de couple
Les hommes et les femmes ne fonctionnent pas de la même façon… nous commençons à le savoir et le reconnaître à force de l’entendre répéter… Ainsi, chacun a sa part de responsabilité dans les conflits… parce que chacun réagit à sa façon… Alors que la femme s’apaise et se calme en dialoguant pour faire face à un problème, le niveau de stress de l’homme va augmenter et il cherchera à fuir la situation…
Reconnaître ces différences ne fut-ce que dans la manière de communiquer permet de bien mieux appréhender les conflits…
