21 avril 2008
Définition philosophique de la certitude
J’avais fait quelques recherches ce weekend autour de la définition de la certitude… en espérant trouver des ébauches de réponses à ma question…
Il semble que les philosophes se soient pas mal penchés sur ce concept… Voici quelques pistes qui, si elles ne me permettent pas de répondre à ma question, l'alimentent au moins partiellement…
Je n’ai pas noté les références, mais une simple recherche google permettra de retrouver les développements complets à ceux qui désireraient aller plus loin…
Certitude : On peut définir la certitude de la façon suivante : « l’état de l’esprit qui consiste en l’adhésion ferme à une vérité connue, sans crainte de se tromper. L’évidence est ce qui fonde la certitude. On la définit comme la pleine clarté avec laquelle le vrai s’impose à l’adhésion de l’intelligence » Autrement dit, on est certain de quelque chose, quand on porte un jugement qui exclut le doute et la crainte de l’erreur. Le critérium de la certitude est l’évidence par laquelle l’esprit humain est placé dans une espèce de contrainte : telle vérité me paraît certaine parce que je vois bien qu’il ne peut pas en être autrement ; cela « saute aux yeux », je ne peux pas ne pas voir qu’il n’est pas ainsi.
…
La certitude est l’assurance intellectuelle ou morale fondée sur les conclusions d’une démonstration, sur l’expérience. La certitude réside dans la double assurance que l’on détient à la fois la vérité et les critères qui nous garantissent qu’il s’agit bien de la vérité.
La vérité, comme identité de la pensée et de l'être, à la fois immédiate et transcendante, est impossible, car si elle était possible on ne la chercherait pas: on l'aurait, mieux: on y serait, jeté hors de nous-même (extase) en elle. Mais dès lors que l'on serait dans l'être même, on serait hors du problème de la vérité.
Si elle était possible, on ne pourrait pas la penser, car penser c'est toujours penser "sur" ou penser "à", c'est à dire introduire la séparation irréductible entre le sujet qui pense et l'objet pensé, donc le risque de l'erreur et de l'illusion.
Si on pouvait la penser, elle serait indicible, car dire, c'est utiliser des mots trop généraux qui décomposent la pensée intuitive immédiate et la fige, donc la trahit (voir Bergson).
Donc, l'idée de vérité certaine, absolue et immédiate n'est rien d'autre que l'illusion même. Seule a un sens une vérité relative prouvée par l'expérience objective
De ce point de vue, Il n’y a pas de symétrie possible entre l’existence et l’inexistence: aucune expérience ne peut en effet prouver que quelque chose n’existe pas, car l’inexistence est hors du champs de toute expérience possible ; c’est donc à l’existence d’être prouvée et, tant qu’elle ne l’est pas objectivement, on ne peut dire que la chose existe hors de notre esprit.
Ainsi affirmer qu’une chose pourrait véritablement exister hors de notre esprit sans que l’on puisse le prouver, c’est ouvrir la porte à la croyance qu’il suffirait que l’on imagine quelque chose pour qu’elle puisse exister réellement. C’est donc ouvrir la porte à l’illusion dite "idéaliste". L’illusion consiste en effet à prendre notre désir ou notre crainte de l’existence d’un objet que l’on imagine (par exemple du dieu que l’on imagine) pour une réalité, pour le seul motif subjectif qu’on le désire ou qu’on le craint. C’est ce qui se passe dans toutes les hallucinations et délires qui ne sont que des représentations imaginaires, prises comme des vérités, sans preuves objectives (expérimentales reproductibles et validées universellement) d’existence.
En guise de conclusion, quelques citations pour le plaisir…
* Si on commence avec des certitudes, on finit avec des doutes. Si on commence avec des doutes, on finit avec des certitudes. [Francis Bacon]
* Ce que les hommes veulent en fait, ce n'est pas la connaissance, c'est la certitude. [Bertrand Russell]
* Mais il y a pire que l'imprévu, ce sont les certitudes ! [Daniel Pennac] Extrait de La petite marchande de prose
* La seule certitude, c'est que rien n'est certain. [Pline l'Ancien]
* Atteindre le doute du doute, c'est le commencement de la certitude. [Léon Daudet]
* Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien [Socrate]
Commentaires
J'adore la dernière citation, celle de socrate. "Je sais que je ne sais pas" lol ! En fait philosopher ne signifie pas forcément trouver d'emblée des certitudes ; c'est avant tout interroger ce qu'on a sous les yeux, ce qu'on pense etre des évidences afin que voir si nos jugements sont rellement fondés ou pas.
Un philosophe que personnellement j'aime beaucoup, c'est descartes. Si tu en as envie, lis ses Meditations. Il y developpe le cogito, le fameux " je pense donc je suis" ! En fait il fait table rase de tout un tas d'idées susceptibles d'etre considérées comme fausses ou erronées, ainsi il arrive au fil de son raisonnement à estimer qu'il y trois sortes d'idées vraies.
Enfin bon je m'arrete pas, si on me parle philo je risque de faire une thèse lol !
C'est très bien d'interroger, parce que ça permet de remettre en question ce qui est soi disant "vrai". Mais il ne faut pas non plus rester indefiniment dans le doute sinon on n'avance plus.
Personnellement, je crois qu'il y a un juste milieu à trouver. Puis tout dépend du sujet sur lequel on emet des doutes. Mais j'aime etre sceptique car ça permet de ne pas se laisser embobiner :-)
a +++
au fait...
merci pour ton petit mot sur le livre d'or :-)
La grande différence entre la réalité et la pensée magique !
Finalement c'est assez confortable la pensée magique, à condition de ne pas sombrer dans la pathologie.
Veillez à se poser les questions qui font avancer.
Mais, cela on ne le sait que lorsque justement on se pose des questions.
Ne serait-ce pas le serpent qui se mord la queue ? Non ! C'est vivre tout simplement.
Chat l'heureusement
Joëlle
Vivre et aimer ce ne serait pas finalement accepter de se tromper ou tout du moins en prendre le risque ?
Des affectueuses pensées pour ton week-end
Je t'embrasse
Chat l'heureusement
Joëlle
Réponses - Merci :-)
@ Manstrop : La dernière citation est aussi celle que je préfère... J'aime la philosophie, j'ai d'ailleurs voulu faire la licence mais le peu de débouché m'a dissuadée... Merci pour le conseil, je crois que j'aimerai lire Descartes...
@ Joelle : Le serpent qui se mord la queue ?? Oui, par moment c'est bien l'impression que j'aie.
@ Caty : "Vivre et aimer ce ne serait pas finalement accepter de se tromper ou tout du moins en prendre le risque ?" Je vais méditer là-dessus... Ca me semble très juste...
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